Station Tango

Station Tango

Connaissez-vous le tango ? Oui, un peu, direz-vous sûrement, en repensant peut-être avec amusement à cette image du tango, à ce couple rigide qui traverse une piste à grands pas, fendant la foule de danseurs les bras tendus en avant, dans un enlacement raide et pompeux.
Mais connaissez-vous le Tango Argentin ? Ah, vous hésitez, voilà que vous n’êtes plus si sûr de vous ! Mais alors, quelle est la différence, demanderez-vous ? Et vous aurez raison de poser cette question. Comme la France n’est pas que marinières à rayures, baguettes de pain et ménages à trois, le Tango Argentin n’est pas qu’austère, guindé, et sévère.
Cela vous intrigue ?
Alors descendez quelques marches, suivez-nous dans les couloirs souterrains. A mesure que nous nous enfonçons sous la terre, nous remontons dans le temps. Voilà, nous sommes arrivés. Arrêt “Station Tango”, ouverture des portes à gauche dans le sens de la circulation.

Nous sommes dans les années 40-50, mais cela n’a pas d’importance. Retenez surtout que nous sommes à une époque appelée “L’Age d’Or”, la Epoca de Oro. Face à vous, une scène. Regardez attentivement, car c’est là que tout se joue. La musique d’abord, le quintet qui vous laisse entendre les airs des grands orchestres de Tango, et bien sûr, la danse, la fameuse danse.
Regardez attentivement. Pas de grands pas, non. Au contraire, de petits pas, serrés, précis, vifs et subtils. Pas d’airs compassés non plus d’ailleurs, mais de la vie. Simple, sans fioriture inutile. Des hommes, des femmes, la musique et la danse.

Assis dans un fauteuil, ou sur une chaise, spectateur de cette nuit de Tango, acteur de cette nuit de Tango, vous ne savez plus si vous êtes en dehors, ou à l’intérieur même de ce qu’il est en train de se passer sur scène. Les rencontres, les passions, les espérances, les rancunes, vous les ressentez vous-même, au rythme des couples qui se croisent, au rythme de la musique qui s’élève.
Mais voilà que l’enchantement est interrompu par les applaudissements. Stupeur. C’est la fin du voyage. Il vous faut retourner chez vous, refaire le chemin en sens inverse. Retourner aux bruits de la ville peut-être, à la foule, aux habitudes.

Une dernière fois, regardez attentivement, mais en vous-même cette fois. Vous êtes toujours le même, et pourtant, quelque chose a changé. Oh, pas grand-chose, juste un tout petit détail. Cette lueur qui brille au fond de vos yeux, elle n’y était pas avant, je vous assure ! Cette lueur, désormais, vous la reconnaîtrez. Signe de connivence, elle se trouve dans les yeux des amoureux du Tango Argentin que vous croiserez. Car oui, à partir de maintenant, vous faites partie de cette grande famille.

Bienvenue, vous êtes arrivé à destination.

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